D’informer les normands sur les réalités humaines et socio-économiques de la Grèce
De proposer, soutenir et mettre en œuvre des projets solidaires avec la Grèce dans le cadre d’une mobilisation citoyenne ici et là-bas, s’appuyant sur les valeurs de l’économie sociale et solidaire, et du développement durable
Proposer et partager des évènements (ou toute autre action) de promotion de la culture et de la langue grecques en lien avec les deux points précédents.
Musique, danse et repas grec à la Cité de l’alimentation
18h-20h : Atelier cuisine
La Cité de l’Alimentation a proposé de 18h à 20h un moment de cuisine collective autour d’un menu grec concocté avec l’association Solidarité Normandie Grèce.
Salade grecque, Dolmadakia, Tzatziki
Moussaka au bœuf ou végétarien
Portokalopita
Une soirée conviviale autant que délicieuses pour découvrir la cuisine réputée de ce pays. Le menu complet est proposé aux tarifs habituels du restaurant. L’objectif est de partager un moment de découverte, de transmission et de convivialité autour de la cuisine et l’alimentation, développant ainsi une culture du « fait maison » pour toutes et tous.
20h : Repas et place à la musique et à la danse !!
Maria Kanavaki est une pianiste, accordéoniste et chanteuse grecque née en Crète. Christos Pavli, originaire du nord-est de la Grèce est un musicien professionnel également et joue de la guitare, du oûd et du bouzouki. A eux deux ils nous ont offert une soirée au rythme du Rébétiko ou de danses Hassaposervikos, Mpalos… .
Allemagne, Grèce, Hongrie / 2025 / fiction / 96 minutes / langue : grec et caquètements
À grand pouvoir, grandes responsabilités – mais si l’héroïne était une poule ?
Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant grec en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses oeufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.
En utilisant les mécanismes de bases des tragédies grecques antiques, le film montre des destins individuels, mais il traite d’un problème universel qui est au cœur de toute l’humanité : les individus peuvent-ils être absous de toute responsabilité morale s’ils ne sont que des participants passifs aux événements ?
Dans ce film deux destins : celui de la vie d’une poule, celui d’un homme. Bien sûr, les deux sont interdépendants, entrelacés et, bien qu’animés par des objectifs et des motivations différents, inséparables. La petitesse et la « paix » de l’existence de la poule rencontrent dans ce film une tragédie de vies humaines au milieu d’un problème mondial.
Le réalisateur joue avec l’idée de ce qui se passe lorsque l’histoire humaine n’est plus au centre d’un récit. Ainsi G. Pálfi interroge notre rapport au monde et aux autres êtres vivants par un changement de perspective radical. Et nous questionne : est-ce vraiment notre rôle, en tant qu’êtres humains, de dominer la Terre ? Si nous nous regardons différemment, sommes-nous vraiment plus importants que tout ce qui nous entoure ?
Bien que le film mette en scène une seule poule principale, 8 ont participé au film. Certaines étaient douées pour picorer, d’autres pour courir, d’autres encore pour se déplacer lentement, sauter ou rester assises pendant de longues périodes. Ici ce sont de vrais animaux, pas d’utilisation d’images de synthèse ou d’intelligence artificielle pour les créer.
Derrière le tourisme en Grèce, l’exploitation à grande échelle
Le succès du pays méditerranéen, qui bat chaque année des records de recettes et d’affluence, cache des conditions de travail parfois insupportables pour des dizaines de milliers de travailleurs. Les saisonniers fuient désormais l’industrie touristique en nombre.
Le documentaire « l’Instituteur rouge » présente le parcours de Nikos Ploumpidis -instituteur et communiste-, de sa naissance en 1902 jusqu’à son procès et son exécution en 1954. Une vieille affaire apparemment. Mais ce film constitue en lui-même un événement politique, social et culturel : il ose en effet rompre ne serait-ce qu’en partie ce silence de plomb qui pèse en Grèce sur les années de guerre et d’après-guerre.
Ploumpidis fait partie de cette génération qui a vu dans les idées communistes l’espoir de changer la société grecque et mondiale, et d’y mettre un peu plus de justice. Il y a, comme beaucoup, consacré sa vie, et il est mort en héros de tragédie accusé d’espionnage par le gouvernement, et renié, dénoncé par son propre parti, le KKE (Parti communiste grec) comme « mouchard depuis ses débuts » et « à la solde des États-Unis ». Il marche pourtant vers le peloton d’exécution la tête haute en criant « Vive le KKE », mais il faudra encore quatre ans au KKE pour reconnaître « son erreur », et très discrètement.
Ce n’est pas un cours d’histoire « impartial », ce qui est quasiment impossible sur la période 1920-1954. Ce n’est pas non plus un documentaire exhaustif. C’est un film qui apporte une documentation émouvante sur son engagement, sa jeunesse, la personne de Loulia, sa femme, la quête de son fils, et les trahisons finales vécues par cet homme « pur ». Sa tragédie personnelle est aussi celle d’autres combattants, peut-être même celle du peuple grec. Soixante-dix ans se sont écoulés depuis que Ploumpidis a été exécuté, en 1954, et pourtant…
film documentaire de Manos Arvanitakis, 79 min, Grèce, 2025
Un savoir-faire artisanal et une solidarité exemplaire comme armes pour vaincre la pauvreté ou réussir l’exil.
Ce beau documentaire s’intéresse à l’histoire des charbonniers de l’île d’Ikaria qui ont voyagé dès le 19è siècle à travers l’Asie Mineure et la Grèce pour fabriquer du charbon de bois. Ils évoquent la pauvreté et les difficultés de l’époque, mais aussi leur amour pour leur métier et la solidarité qui unissait les familles et confréries de charbonniers. En contrepoint, les femmes restées seules sur l’île, racontent cette même réalité de leur point de vue et comment peu à peu elles devenaient les chefs de famille. Des descendants d’Ikariotes racontent à leur tour comment leurs pères, des charbonniers, ont dû s’exiler ailleurs où ils ont fondé une famille, créé et fait vivre de nouveaux villages. et ils saluent aussi la désormais légendaire hospitalité des Ikariotes. Parallèlement à cela nous découvrons concrètement le processus de fabrication du charbon de bois de nos jours et nous mesurons à quel point ces charbonniers étaient et sont encore proches de la nature, si rude fût-elle. Les éclaircissements de l’historien Themistocles Katsaros documentent plus objectivement, l’histoire des charbonniers d’Ikaria. Nous revivons l’époque où le charbon de bois était la source d’énergie principale et sa production faisait alors la fierté de ceux qui détenaient ce savoir-faire.
Un stand, une table de presse, la présentation des activités de l’association et de nos partenaires, ainsi que la vente des produits d’EPTASTIKTOS et de VIOME
Mais aussi avec des mezzés et des desserts, préparés par les bénévoles de l’association.
En octobre 2015, des dizaines de petites valises ont été accidentellement découvertes derrière le mur d’un hôpital central d’Athènes, le sanatorium de Sotiria. Elles contenaient les effets personnels de centaines de patients de l’hôpital décédés de la tuberculose entre les années 1940 et 1970. Jusqu’alors, personne n’avait recherché ces défunts ni n’avait réclamé leurs dépouilles. À travers des lettres de patients et de leurs proches, des documents d’archives, la recherche des descendants des défunts et des rencontres avec des médecins et des infirmières d’aujourd’hui, le documentaire dévoile une histoire oubliée de traumatisme et de deuil, mais aussi d’amour, d’espoir et de résilience dans toute la Grèce de l’après-guerre. Par le biais de ces témoignages forts, nous comprenons comment la société, les injonctions sociales, les préjugés et la peur, peuvent avoir eu un impact profond jusqu’à stigmatiser jusque dans la mort des centaines d’êtres décédés dans la solitude et l’abandon quand ils auraient dû être accompagnés.
Un échange entre la salle et les membres de Solidarité Normandie Grèce suivra la projection afin d’apporter des éclairages sur le contexte du documentaire.
Les discussions pourront se poursuivre autour d’un verre à la cafétéria du LUX
Faire revenir les oignons dans un peu d’huile d’olive jusqu’à transparence.
Ajouter la chair des tomates et le riz cuire 5 mn couvert.
Ajouter sel, poivre, aneth ou persil un peu d’eau. Cuire à nouveau 5mn.
Laisser refroidir.
Rincer les feuilles de vigne (si ce sont des fraîches les blanchir 3mn avant).
Disposer les feuilles la surface brillante en dessous et mettre au centre de chacune d’elles une cuillère à café d’appareil, replier en formant un petit rouleau hermétique en serrant mais pas trop, le riz va encore un peu gonfler.
Mettre de l’huile au fond d’une cocotte ronde et disposer les feuilles farcies en les rangeant en cercle, afin d’éviter qu’elles ne s’ouvrent pendant la cuisson.
Arroser de jus de citron, 1/2 tasse d’huile d’olive et 1,5 tasse d’eau chaude. Poser une ou deux assiettes sur les dolmadakias pour les empêcher de s’ouvrir.
Texte rédigé par les membres de Solidarité Normandie avec l’aimable relecture de Joëlle Dalègre.
Les Grecs nomment ainsi les évènements tragiques de 1922 qui mirent fin à 2 700 ans d’hellénisme en Asie mineure et bouleversèrent le développement de la Grèce moderne.
Depuis l’Antiquité, on compte une importante présence grecque sur les côtes de l’Asie mineure dont les cités renommées de Milet, Éphèse, Smyrne ou Halicarnasse et la région de l’Ionie. Ce territoire constituera ensuite la région centrale de l’Empire ottoman. Mais à partir du 18ᵉ siècle, les populations grecques se développent et se renforcent à nouveau, du fait d’un certain essor économique dans la région, les Grecs assurant une forte part du commerce ottoman.
À partir de 1839 la promulgation dans l’Empire ottoman desTanzimats(réorganisation), puis de la Constitution ottomane en 1876, constitue une période de grandes réformes. Sur quelques décennies est mise en œuvre la modernisation de l’État avec une « occidentalisation » très inégale de la société sur le territoire. Cette transformation profonde, bien qu’inachevée, de l’administration ottomane a permis aux populations arméniennes, grecques et juives d’accéder à des droits égaux à ceux des musulmans. Jusque-là en effet l’Empire reposait sur le principe de la supériorité juridique et fiscale des musulmans, même si les autres religions étaient admises. Les non-musulmans d oivent cependant continuer à payer un impôt spécial, car ils sont dispensés du service militaire puisqu’on ne leur fait pas confiance.
En 1919, les Grecs Orthodoxes constituent 20 % de la population d’Asie mineure. Ce sont 2 500 000 personnes qui vivent principalement sur les côtes de la mer Égée, les Dardanelles, la mer Noire et également en Cappadoce. À l’époque, en Ionie (Asie mineure), il y avait : 2 200 églises, 2 177 écoles avec 4 600 professeurs et 177 000 élèves.
Ils font notamment partie d’une bourgeoisie cultivée et entreprenante des côtes de la mer Égée. Ils sont actifs dans le développement du commerce maritime, de l’artisanat, de l’agriculture et de la viticulture. En 1914, 80 % des banques leur appartiennent et ils y détiennent 60 % de parts d’investissement.
À la fin du 19ᵉ siècle, le jeune et petit royaume de Grèce encore très inorganisé, en crise économique, est fortement soumis au bon vouloir des puissances étrangères et peine à subvenir aux besoins de sa population. À cette période près de 50 % de la population grecque vit hors de Grèce dont la plus large part sur les côtes d’Asie mineure (1 694 000). Les Grecs les plus riches et cultivés ne sont pas dans le Royaume de Grèce.
Se développe à partir des années 1840 l’idée d’unhellénismedépassant les frontières du territoire grec, rassemblant toutes les communautés hellènes de l’espace anciennement byzantin, vision connue sous le nom de « Grande Idée », qui devient l’idéal majeur de la politique grecque pour plusieurs décennies.
Arrière-plan historique
À la veille de la 1ʳᵉ guerre mondiale l’État grec possède des frontières très proches de celles d’aujourd’hui à la suite des guerres balkaniques (ne manquent que certaines îles, le Dodécanèse et la Thrace). Il vient tout juste (1913), suite aux guerres balkaniques, de stabiliser ses frontières au nord vers l’Épire et la Macédoine ; grâce à ses gains en Épire, en Macédoine et l’annexion de la Crète, il a presque doublé sa surface. En 1914, c’est une monarchie parlementaire divisée entre partisans de la monarchie, soutiens du roi Constantin 1er (d’origine danoise et russe) qui prône une neutralité bienveillante vis-à-vis de l’Allemagne et les partisans d’Elefthérios Venizélos (premier ministre) favorable à la Triple-Entente (Grande-Bretagne, France et Empire russe).
Le 3 octobre 1915, ce dernier autorise les troupes alliées, mises en déroute dans les Dardanelles, à débarquer à Thessalonique. En réaction, le roi démet Venizélos de ses fonctions, creusant ainsi le fossé entre « venizélistes » et monarchistes. Après une difficile période appelée « schisme national », le roi Constantin, chassé d’Athènes par un détachement militaire français, est amené à laisser la place à son fils et en 1917, la Grèce réunifiée sous le gouvernement Venizélos, entre de plain-pied dans la guerre aux côtés de la Triple-Entente.
Cette participation du pays dans la guerre permet à la Grèce de faire partie du camp des vainqueurs.
L’Empire Ottoman, de son côté, est f ortement atteint à la suite des guerres balkaniques, de guerres perdues contre la Russie et contre l’Italie ; le pouvoir est aux mains du « Comité Union et Progrès » soutenu par le mouvement Jeunes-Turcs. Ce mouvement initialement progressiste et réformateur, dériva en un nationalisme virulent (panturquisme) et fut l’acteur principal du génocide arménien et des nombreux massacres des minorités non turques.
n 1913, l’Empire turc se rapprocha de Berlin et la réorganisation de son armée fut confiée à l’Allemagne, tandis que Venizélos fait appel à des instructeurs et des équipements français. En 1915, la Russie envahit l’est de l’Empire turc avec l’aide de volontaires et d’insurgés arméniens. Et elle avance jusqu’à Trébizonde.
Ce fut un prétexte pris par le mouvement Jeunes-Turcs pour déplacer puis exterminer les populations arméniennes.
Le traité de Sèvres
L’Asie mineure est un des principaux objectifs du premier ministre grec E. Venizélos lors des négociations d’après guerre. Il propose la création d’un État arménien, celle d’un État arméno-pontique dans la région de Trébizonde et demande toute la côte égéenne et les îles. Les négociations sont très ardues. La Turquie n’y est pas en position de force du fait de son engagement aux côtés des Allemands et du génocide arménien et des Grecs du Pont (Pont-Euxin, c’est-à-dire la région sud de la mer Noire). Chaque puissance, avec diverses arrière-pensées économiques et territoriales présente ses demandes, mais les grandes puissances qui ont fait des promesses, parfois les mêmes, à plusieurs, ont des difficultés.
envoient des bateaux vers Antalya et également vers Smyrne ; comment les empêcher d’y débarquer alors qu’aucun soldat français ou anglais ne veut retourner au combat pour Smyrne en 1919 ? Venizélos se propose et obtient l’envoi d’un détachement grec pour théoriquement protéger les populations et maintenir l’ordre. Le 15 mai 1919, quand 20 000 soldats grecs débarquent à Smyrne, malheureusement entre 300 et 400 soldats turcs sont tués dans des affrontements. L’annonce du débarquement grec provoque d’immenses manifestations de protestation dans toute la Turquie, et contribue à fournir des partisans au mouvement nationaliste de Kemal qui, le même 15 mai, débarque à Samsun et commence son mouvement national et révolutionnaire en Anatolie.
Après de longues discussions et hésitations, les pays vainqueurs de 1918, pressés d’en finir, imposent à l’Empire ottoman le traité de Sèvres en août 1920. Venizélos, le 10 août 1920, obtient la confirmation des conquêtes de 1913 et surtout, la Thrace orientale et la possession provisoire du vilayet de Smyrne, sous réserve d’un référendum dans les cinq ans. L’Empire ottoman est par ailleurs dépecé, partagé entre les grandes puissances, l’Arménie et le Kurdistan, le sultan ne peut que signer, mais le mouvement nationaliste dont Mustafa Kemal prend la tête refuse d’accepter et d’appliquer le traité.
Comment l’y contraindre ? Une fois de plus la France et la Grande-Bretagne ne veulent pas y risquer des hommes, reste la Grèce. Dès le printemps 1920 le corps expéditionnaire grec en Ionie doit combattre contre les incursions des kémalistes et progressivement s’éloigne de ses bases pour les poursuivre. C’est la guerre.
n août 1920, les Alliés imposèrent donc une paix qu’ils savaient si précaire, qu’aucun gouvernement n’a jamais proposé à ses assemblées de ratifier le traité de Sèvres, les experts militaires européens avaient d’ailleurs déclaré le traité inapplicable.
La guerre Gréco-turque et le massacre des civils
En dépit de ses victoires, militaire et diplomatique, E. Venizélos perd les élections législatives de novembre 1920, faites après la mort accidentelle du roi Alexandre. Tout le monde savait que son échec signifierait le retour du roi Constantin qui, par ailleurs, avait fait campagne sur la fin de la guerre en Asie mineure (« une Grèce petite mais honorable »). Mais les monarchistes, une fois au pouvoir, sous couvert de maintien de l’ordre et de poursuite de l’ennemi, continuent la guerre et dépassent largement les limites de l’Ionie. L’armée est peu préparée, épuisée, mal équipée et le roi limoge 500 officiers supérieurs dont des généraux vénizélistes expérimentés, les soldats eux-mêmes sont rapidement découragés et ne comprennent pas ce qu’ils font là.
De leur côté, France, Grande-Bretagne et l’Italie vexée commencent à s’interroger et se disent que, pour l’avenir, et pour éviter que Kemal ne s’allie à Lénine, il vaut mieux laisser tomber la Grèce et fermer les yeux sur les actions des volontaires turcs. Toutes les demandes de prêts, d’armes, de munitions, voire de vivres sont rejetées. L’offensive grecque sur Ankara (en théorie, pour contraindre Kemal à la reddition en cas de défaite) décidée par le roi sans aucune préparation, en mars 1921, est un désastre. Pendant un an, d’août 1921 à août 1922, les militaires grecs restent inactifs, sans stratégie pour tenir leurs positions en cas de contre-attaque de l’armée turque. Celle-ci a donc tout le temps d’organiser sa défense. A l’été 1922, une fois de plus, l’armée grecque repart à pied vers Ankara, après un mois de combats épuisants, affamés et sans munitions, les Grecs reculent devant l’attaque menée par Mustafa Kemal le 26 août 1922. C’est la débandade, le sauve-qui-peut et chacun des camps se nourrit sur les paysans rencontrés et les massacre.
Smyrne. Le 8 septembre, les troupes d’irréguliers turcs entrent à Smyrne, les quartiers chrétiens sont pillés, le 13 septembre éclate l’incendie qui, attisé par un vent violent, des rues étroites et des maisons en bois, dure plus d’une semaine, la majeure partie de la ville est détruite. On estime que plus 30 000 chrétiens ont alors été tués. Les réfugiés en fuite, coincés entre les milices et les quais, sont voués à la mort, alors que les « alliés » sur leurs bateaux à quelques encablures des embarcadères, restent spectateurs de ce massacre. Le gouvernement grec, lui, dès le mois de juillet, prévoyant la défaite, a interdit à ses navires d’embarquer des gens qui n’auraient pas de passeport grec… Or qu’avaient les Grecs de l’Empire ? Un passeport ottoman ! En revanche, ceux des soldats qui ont pu rejoindre la côte de Cesme ont été évacués vers Chios par la marine militaire grecque.
Ainsi durant toute cette période la population grecque d’Asie mineure (comme les autres minorités non turques) fut abandonnée à son propre sort tant par les puissances occidentales que par le gouvernement du roi Constantin 1er.
Des conséquences sur le long terme pour la Grèce
Malgré son éloignement de la vie politique à cette période, Venizélos fut chargé des négociations d’un nouveau traité remplaçant celui de Sèvres, à Lausanne. Kemal y est en position de force : il a gagné, il n’y a plus d’Empire ottoman, on parle de Turquie, et aucune puissance ne peut lui imposer ses volontés. Il obtiendra la suppression de la Grande Arménie et du Kurdistan, la Grèce doit lui rendre la Thrace orientale et le vilayet de Smyrne.
Dans le traité figure une Convention d’échange obligatoire des populations grecques et turques signé le 30 janvier 1913. 1,5 million de « Rums » (des orthodoxes) contre 400 000 Turcs (en fait musulmans) de Grèce. C’est Kemal qui exige l’obligation, Venizélos parvient juste et difficilement à ce qu’en soient exemptés les Grecs de Constantinople, Imbros et Ténédos, de même que le Patriarcat, il doit accepter en échange que les musulmans de Thrace occidentale soient eux aussi exemptés. Quand le texte est signé, près d’un million de Rums ont déjà quitté le pays, c’est l’argument turc : comment admettre qu’ils puissent revenir pour trouver quoi ? Les puissances décident que cet échange est la seule « solution » pour éviter de nouveaux conflits par la suite. Elles ont voulu faire la même chose en 1948 lors de l’indépendance de l’Inde en séparant entre Inde et Pakistan les Hindouistes et les musulmans…
a Grèce de 1924 est dans une situation économique, politique et sociale catastrophique. 10 ans de guerre, des soldats qui s’ils ont survécu, ne sont jamais rentrés chez eux en 10 ans, des familles disloquées, des traumatismes indélébiles, avoir dans son pays 20 % de la population réfugiée, aucun gouvernement stable et capable de redresser la situation par miracle…
La république est proclamée en 1924 mais peu efficace. En Turquie également c’est la ruine économique, du fait des destructions de la guerre dans la région du Pont et en Asie mineure, du fait des pertes énormes en hommes actifs et à celle d’une bourgeoisie active (la guerre, les massacres des Arméniens et des Grecs)
Mustafa Kemal, devenu président du nouvel État et E. Venizélos revenu au pouvoir en 1928, sont assez intelligents pour comprendre que devant les problèmes à résoudre, il n’est pas de temps pour la guerre. Ils cherchent dès 1928 à rétablir des relations normales entre les deux États et en 1930, concluent un accord « d’amitié éternelle » : chacun reconnaît et accepte les frontières, c’est la fin de la Grande Idée. Si cette période « amicale » parvient à se prolonger jusqu’en 1952, le problème de Chypre vient, dans un cadre politique différent – Venizélos et Kémal sont morts – mettre fin aux bonnes relations, faisant des Grecs d’Istanbul les victimes de la situation en 1955 et 1964, et depuis 1974, les relations entre les deux pays oscillent entre tensions, rapprochements, tensions, promesses…
Quant aux échangés obligatoires, traités de « graines de Turcs » ou de « graines d’infidèles », dans les deux pays il ne leur est resté que la nostalgie, et jusqu’au milieu des années 1950 il leur était même interdit d’aller en voyage de l’autre côté.
Ce secteur de la merÉgée reste une zone stratégique à fortes convoitisesgéopolitiquesauxquelles s’ajoutent actuellement des appétits liés à ses potentialités énergétiques !
soirée cinéma au Café des Images vendredi 10 janvier 2025
Avec la soirée ELLES SONT GRECQUES, deux étudiants en master Métiers du patrimoine, l’association Solidarité Normandie/Grèce et le Café des images s’associent pour proposer une soirée immersive pour explorer les luttes et l’identité des Grecques à travers un film de Mikhális Kakoyánnis, STELLA FEMME LIBRE et un film de Nikos Labôt, HER JOB ! Grâce à ce film, Mikhális Kakoyánnis offre ses lettres de noblesse au cinéma de son pays en traitant de l’émancipation des femmes grecques face aux traditions. Avec son premier long-métrage, Nikos Labôt approche le sujet avec un œil nouveau dans une Grèce en proie à la crise où les rôles sont inversés.
Deux films en miroir, deux époques différentes et pourtant des sujets si proches et politiques.
★ PROGRAMME DE LA SOIRÉE
En salle
18h00 • Projection du film HER JOB, de Nikos Labôt • 2019 • Durée : 1h30.
Projection unique.
Discussions à propos du film pendant le temps convivial.
Au Café du ciné
Dès 19h30 • L’Auberge grecque : venez découvrir la Grèce en discutant avec les intervenants autour d’un verre ou d’un mezze !
Documentation en accès libre sur la Grèce contemporaine.
En salle
20h30 • Projection du film STELLA FEMME LIBRE, de Mikhális Kakoyánnis • 1955 • Durée : 1h40.
Suivi d’une rencontre avec Marc Olry, distributeur de Lost Films, pour découvrir un exemple fascinant de restauration de film de patrimoine.
Tarifs Cinéma
Pass spécial : 8€ pour les deux films
Si vous choisissez de voir un seul film : Tarifs habituels